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Les apports dissous d’origine continentale vers l’embouchure du fleuve Sénégal

Congress: 2008
Author(s): Alioune Kane, Professeur, Département de Géographie, Faculté des Lettres et Sciences Humaines, Université Cheikh Anta Diop de Dakar, BP 5005, Dakar-Fann, Sénégal.
Tél : (221) 864 01 04 ; Fax : (221) 825 79 44 ; E-mail : akane@ucad.sn / akane1252@yahoo.fr

Keyword(s): Fleuve Senegal, delta, estuaire, apports dissous, qualite des eaux
Article:
AbstractCe texte est consacré aux apports dissous d’origine continentale qui transitent vers l’estuaire du Sénégal. Les objectifs sont d’une part la caractérisation géochimique des eaux du fleuve Sénégal à la station de Diama-amont, qui contrôle toutes les entrées vers le bas estuaire, d’autre part la détermination des processus d’acquisition de la minéralisation. L’étude a essentiellement porté sur les éléments majeurs qui représentent près de 99 % de la matière minérale en solution : silice dissoute (SiO2), calcium (Ca++), magnésium (Mg++), potassium(K+) et les anions principaux, bicarbonates (HCO3), chlorures (Cl-) et les sulfates (SO4--), la présence très peu significative de carbonates (CO3--) a été décelée. Les éléments traces, Sr, Ba, Mn, Cr, Al, Co, V, Zn, Y, Cu, Sc sont également analysés au cours d’une saison des hautes eaux. Aux prises d'échantillons sur le terrain ont été parallèlement associées des mesures du pH, de la conductivité et de la température in situ. La caractéristique essentielle des eaux qui drainent le massif du Fouta-Djalon dans le haut bassin est leur très faible minéralisation, en moyenne elle reste inférieure à 50 mg/l (l’ensemble de leur prélèvement donne une charge totale dissoute de 35 mg/l selon GAC et ORANGE, 1993.), s’expliquant par «la nature essentiellement gréseuse du substratum et l’importance des niveaux cuirassés stériles». Les eaux aboutissant à l’estuaire sont plus fortement minéralisées, les valeurs annuelles de charge dissoute vont de 82,62 mg/l à 102,92 mg/l, la charge dissoute moyenne annuelle s’établit à 90,37 mg/l, valeur deux fois plus élevée que celle connue antérieurement à St-Louis de 42,35 mg/l (KANE, 1985). Cette augmentation de la minéralisation des eaux du Sénégal dans le delta s’explique par : - le transit dans la vallée, sur des formations du quaternaire essentiellement argilo-limoneuses, avec le fort sapement latéral des berges et un écoulement canalisé dans le lit fluvial, - la réduction considérable des écoulements, avec un important soutirage opéré pour le remplissage du lac de Guiers et la vallée du Ferlo, - la dégradation accélérée du milieu naturel : absence de couvert végétal dense dans la haute vallée, désertification accélérée dans la moyenne et basse vallée qui côtoie sur près de 300 km les confins du Sahara, - les rejets intempestifs d’eaux de drainage fortement minéralisées dans le fleuve surtout dans le delta du Sénégal avec le développement considérable des aménagements hydro-agricoles. Les eaux du Sénégal sont extrêmement diluées dans son haut bassin et dans la vallée, elles sont légèrement basiques (pH moyen de 7,5), les composantes essentielles de la charge dissoute étant les bicarbonates et la silice. Dans le delta et plus précisément dans l’estuaire, les eaux deviennent fortement chlorurées et sodiques, les teneurs moyennes sont supérieures à 100 mg/l, le pH varie peu, la silice est toujours importante. Ces résultats montrent la nécessité des recherches pour le contrôle de la qualité des eaux dans la basse vallée et le delta en raison du développement de l’aménagement hydro-agricole et de la nature des milieux.
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