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Exploitation minière, destruction des sources d’eau et réhabilitation des sols. Expériences du RECODELAC en milieux ruraux de la province du Kasaï (R.D.C)

Congress: 2008
Author(s): Jean pierre Tshipamba-Dikamba
Rien à signaler
Article:
AbstractLa libéralisation de l’exploitation artisanale du diamant décrétée il y a peu près un quart de siècles par le régime dictatorial du Président Mobutu en République du Zaïre (actuelle République Démocratique du Congo) avait pour but non seulement de renflouer les caisses de l’Etat mais surtout de permettre à tous les congolais de s’enrichir rapidement afin de devenir de véritable opérateurs économiques et moteurs du développement de leurs milieux respectifs ! La province du Kasaï Occidental, une des 11 provinces de la République Démocratique du Congo (R.D.C), situé au centre du pays est l’une de deux provinces ( avec sa voisine, le Kasaï Oriental) réputée riche en gisements diamantifères qui s’étendent même jusqu’en Angola ! Dans cette province, l’exploitation artisanale du diamant , plus qu’elle n’a enrichi les autochtones , a par contre accumulé la misère des populations paysannes en leur privant même de l’eau potable, comme boisson nutritive, et l’eau comme fertilisant leurs sols et sous-sols. En effet, poussés à extravagances par la recherche effrénée des gisements minéralisés, les exploitants artisanaux se sont donnés de manière effrénée à la prospection des terrains minéralisés susceptibles de produire des diamants en un temps record. Dans cette course effrénée vers l’ enrichissement rapide et sans cause plus rien n’est épargné : la couverture végétale des sols cultivables sauvagement détruite, les sources d’eau potable dans des villages sont totalement saccagées, les lits des certaines cours d’eau supprimés ou déplacés, les écoles désertées et abandonnées par les jeunes élèves et leurs maîtres ! Un cercle vicieux n’est créé dans ce circuit d’exploitation artisanale du diamant ! En effet, à la recherche de sources d’eau potable devenus très rares après les campagnes de prospection de terrain minéralisés, les paysans analphabètes n’ hésitent plus à s’abreuvoir de l’eau polluée par des exploitants artisanaux provoquant ainsi des maladies d’origines hydrique (diarrhée, dysenterie, amibiase) qui emportent dans l’au-delà des vies enfantines nombreuses. Et aussitôt qu’une mort survient en famille, c’est la femme qui a puisé cette eau usée qui est incriminée comme une sorcière et agent causal de cette mort ! Devant la rareté de l’eau dans cette partie les jeunes, encadrés par le RECODELAC, ont mis au point trois technologies appropriées en recourant aux matériels locaux pour lutter contre les érosions et réhabiliter les sources d’eau potables. Il s’agit de MITETA, NKILA, MABULA avec des espèces de plantes « LEUCENA » ( permettant de refaire le sol là où la couverture végétale a été complètement détruite) et « KAPOPA » espèce de plante reboisée autour des sources d’eau potable en voie d’être réhabilité. Les résultats sont encourageants dans cette région où les 20 sources d’eau ont été réhabilitées et une forte campagne de reboisement, de protection des écosystèmes environnementaux a été lancée par le RECODELAC depuis bientôt sept ans avec ses comités de jeunes dans cette province. Voilà les expériences que nous voudrions venir partager, par cette communication appuyée par des croquis et photos avec tous ceux qui travaillent à la réhabilitation du monde rural, la protection de l’environnement et surtout la conservation de l’habitat rural et les sources d’eau potable des paysans ruraux .
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