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Associations d’irrigants et bien club : cas d’étude de la plaine de Kairouan (Tunisie)

Congress: 2008
Author(s): Mohamed Salah Bachta, M.A. Bchir
Economics Professor - Institut National Agronomique de Tunis

Keyword(s): Eau, théorie des clubs, Tunisie, Association d'irrigants
Article: Poster:
AbstractLe nouveau set up institutionnel de la gestion de l’eau en Tunisie ambitionne de responsabiliser les usagers dans la gestion de leur ressource. Cependant, derrière le cadre institutionnel structuré, la réalité des associations d’irrigants est autre. Certaines arrivent à produire le bien collectif, entretien du réseau d’irrigation, alors que d’autres éprouvent des difficultés. Quelle explication à ces différences ? Les nombreuses études réalisées sur les associations d’irrigants ont souvent utilisé des approches technicistes. Nous nous proposons d’adopter une lecture qui tient compte des stratégies des acteurs. Nous baserons notre recherche sur la théorie des clubs(Abdesselam, Tahar 1997; Cornes, R. et T. Sandler 1996). Les associations de la plaine de Kairouan sont retenues comme étude de cas. L’association d’irrigants sera assimilée à un club d’agriculteurs réunis pour mutualiser le coût d’entretien du réseau, l’utilisation de ce dernier constituant le service offert par le club Nous cherchons à expliquer la capacité d’entretien de l’association par les variables déterminant le fonctionnement d’un bien club à savoir : l’intérêt à participer, la congestion, la mixité et le mode de paiement. Les prédictions théoriques montrent qu’une production efficace est obtenue lorsque l’individu maximise son utilité en choisissant de participer à la production du bien collectif. La création d’association pour des agriculteurs dont l’intérêt de participer est réduit compromet de fait l’activité de l’action collective. Aussi, le nombre élevé d’utilisateurs dans un club soulève un problème de congestion. Il s’agit du tour d’eau : la production du bien collectif est tributaire de la capacité à internaliser cette externalité générée par la surcharge du réseau. Une autre condition à la réussite du club est sa composition : plus le club et homogène plus la production du bien collectif est facilitée. Enfin, le mode de tarification utilisé : forfaitaire, proportionnel ou binomial. Le forfaitaire étant optimal lorsque le coût d’observation de l’utilisation individuelle est élevé alors que le mode binomial quand ces coûts sont faibles et que la production du bien club présentent des charges fixes élevées. Les enquêtes sur le terrain montrent que l’internalisation de la congestion et l’hétérogénéité des membres des associations posent le plus de problèmes dans la production du bien collectif. Ainsi, près de la moitié des associations sont confrontées à des problèmes de congestion. Il existe une corrélation négative entre la longueur du tour d’eau pour une culture représentative donnée (le piment) et sa capacité d’entretien du réseau. Ce problème de congestion trouve son origine dans l’incertitude associée à la longueur du tour d’eau, aux règles de gestion du tour d’eau et enfin à un degré moindre à la fiabilité de l’équipement. Par ailleurs, nous montrons que la mixité, notamment celle concernant le pouvoir d’influence des membres, limite la capacité de l’ association à produire le bien collectif ; les associations présentant le plus grand nombre de collusion verticale affichent des équilibres financiers déficitaires. En conclusion, le tour d’eau dans une association représente un bon « baromètre » quant à sa capacité à entretenir et utiliser le réseau d’irrigation. Il nécessite la coordination des efforts des membres et du personnel administratif. Plus l’association est homogène plus le traitement du tour d’eau est facilité.
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