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Relation entre l’érosion et la diminution des débits vers l’aval au Sahel

Congress: 2008
Author(s): Luc Descroix(1), Michel Esteves, Stéphane Boubkraoui, Jean Marc Lapetite, Ibrahim Bouzou Moussa, Ibrahim Mamadou, Eric Le Breton, Guillaume Favreau, Bernard Cappelaere, Okechukwu Amogu
(1)LTHE, BP 53, 38 041 Grenoble cedex ; email : descroix@ird.ne; descroix@hmg.inpg.fr adresse actuelle: IRD Niamey, Niger: 00 (227) 20 75 26 10

Keyword(s): érosion actuelle, changements d'usage des sols, infiltration, diminution des débits vers l'aval
AbstractLe Sahel connaît actuellement une période d’érosion hydrique et éolienne intense liée aux changements d’ usage des sols ; la végétation naturelle a été presque intégralement remplacée par des zones de cultures, et aussi par des zones de sol nu crées par cette phase érosive. Ces dernières sont indurées et difficilement cultivables, on les range dans la catégorie des états de surface en « croûte d’érosion » ; en fait, elles sont souvent récupérables moyennant un gros travail agronomique. De ce fait, paradoxalement, malgré la baisse de la pluviométrie, on observe souvent une augmentation des écoulements en zone sahélienne. L’objectif de cette recherche est démontrer l’ impact hydrologique de cette phase d’érosion, en particulier sur la baisse des écoulements vers l’aval des versants qui en est résulté. Pour ce faire, des stations hydrométriques ont été installées, sur deux bassins versants expérimentaux de l’ordre du km², et en particulier on a installé des stations par deux en amont et en aval de deux bassins versants afin de mesurer l’évolution des débits d’amont en aval. Par ailleurs, un des versants avait déjà été équipé et avait fourni des mesures il y a une quinzaine d’années (1991-1993) : étant donné l’évolution des états de surface entre ces deux dates, on dispose, en plus de différences spatiales, de données concernant une assez longue période. On constate de fait une diminution systématique des coefficients d’écoulements vers l’aval et très souvent aussi une diminution des débits bruts. En effet, l’érosion des bassins amont se traduit par un accroissement des écoulements dans cette partie, et le départ de gros volumes de sols. Le dépôt de ces éléments en aval et dans le lit des ravines, accélère l’infiltration de l’eau, ce qui entraîne une diminution très sensible des débits, au profit de la nappe phréatique. La couverture végétale étant en constante diminution, la part de l’ETP dans le bilan de l’eau diminue au profit du ruissellement et de l’infiltration profonde. La phase d’érosion actuelle provoque le dépôt d’importantes quantités de sable dans les ravines, ce qui accélère l’infiltration de l’eau et provoque une sensible baisse des débits ; les amas sableux de ces ravines y facilitent l’infiltration, alors qu’elle est rendue très difficile sur le reste des terroirs par l’induration et l’encroûtement des sols.
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