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L'eau en Méditerrannée, situation actuelle et perspective

Congress: 2008
Author(s): Mohammed Blinda , Jean Margat


Keyword(s): Pénurie, tension, indice d'exploitation, ressources en eau par habitant, GDE
Article:
AbstractEn Méditerranée, les situations ou les risques de pénurie d’eau (demandes supérieures à l’offre) sont généralement imputables à la croissance des demandes face à des offres constituées, en premier lieu, par des ressources renouvelables limitées, donc à des disponibilités qui se raréfient. La pénurie d’eau peut alors être structurelle, due à la rareté des ressources moyennes face à des demandes en croissance, ou conjoncturelle, déterminée par des défaillances de ressources naturelles (sécheresse) ou du système de mobilisation, ou encore du fait d’un accroissement temporaire des demandes. Elle peut être physique, due à l’excès des demandes par rapport aux ressources naturelles, ou socio- économique, du fait de l’insuffisance structurelle ou conjoncturelle de moyens du système d’utilisation (pauvreté, défaut ou accident technique), voire du fait de demandes excessives par rapport aux besoins. Les analyses et les travaux de prospective du Plan Bleu font ressortir une géographie très contrastée des pénuries d’eau présentes et futures (2025). Pour évaluer le degré de tension ou de pénurie, ces travaux s’appuient sur deux indicateurs classiques : les ressources en eau renouvelables (naturelles ou exploitables) par habitant, d’une part, et l’indice d’ exploitation de ces ressources (ratio prélèvements/ressources) d’autre part, assortis chacun de seuils révélateurs : Situation Ressources naturelles renouvelables moyennes (m3/habitant/an) Indice d’exploitation des ressources naturelles renouvelables (%) Tension,pauvreté en eau 500 à 1000 50 à 100 Pénurie < 500 ³ 100 Les indices d’exploitation calculés au niveau des pays ont permis de mettre en évidence trois situations différentes, avec un premier groupe de pays dont le ratio est inférieur à 25%, un deuxième groupe de pays avec un ratio compris entre 25 et 50% et un troisième groupe de pays dont les prélèvements en eau approchent voire dépassent le niveau limite des ressources renouvelables (ratio > 75%). Les valeurs de ces indices d’exploitation, calculés à l’échelle nationale, peuvent cacher d’importantes disparités à l’échelle du bassin versant ou localement, comme c’est le cas dans certains pays du Nord (Espagne méditerranéenne, Italie du Sud,…). Concernant les ressources disponibles par habitant, déjà cinq pays du Sud et de l’Est, ainsi que Malte, sont en situation de pénurie et trois autres pays, ainsi que Chypre, sont en situation de tension. Les projections de ressources en eau par habitant déduites des projections démographiques en 2025 et les évolutions pronostiquées des demandes en eau en scénarios tendanciels révèlent des extensions et des aggravations de pénurie dans plusieurs pays, au Maghreb et au Proche-Orient. Les populations en situation de pauvreté ou de pénurie d’eau, d’après l’indicateur « ressources par habitant », s’élèveront à 250 millions d’habitants, soit à 46 % de la population totale des pays méditerranéens (sans tenir compte de certaines situations locales dans les pays du Nord). Dans l’ensemble des pays du Sud et du Proche-Orient, les déficits pourraient être, en 2025, de l’ordre de 50 km3/an. Ces estimations prévisionnelles de pénurie potentielle donnent la mesure des efforts à entreprendre pour faire appel à de nouvelles sources d’ approvisionnement (ressources non conventionnelles, importations d’eau virtuelle), mieux valoriser l’eau pluviale et surtout gérer les demandes de manière plus économe et améliorer les efficiences d’utilisation. Les rendements d’ utilisation actuels des eaux prélevées sont, en effet, loin d’être satisfaisants : pertes et fuites de transport, défauts d’ efficience en irrigation et gaspillages sont estimés, dans toute la région méditerranéenne, à plus de 120 km3/an (soit environ 45 % de la quantité totale utilisée). Cela équivaut à un « gisement » potentiel d’économies d’eau considérable, dont au moins une partie, de l’ordre de grandeur des augmentations de demandes projetées, pourrait être mobilisée par une politique de « gestion des demandes en eau (GDE) » plus active.
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