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Israël/Palestine : pour sortir de la crise de l’eau dans un contexte de forts changements démographiques.

Congress: 2008
Author(s): Pierre Blanc
Pierre Blanc, enseignant-chercheur, CIHEAM-IAMM. Institut agronomique méditerranéen de Montpellier, 3191, Route de Mende, 34093 Montpellier Cedex 5, France. Téléphone : 0467043188 Mail : pierre.blanc@educagri.fr ou pierre.blanc@iamm.fr Fax : 04675
Article:
AbstractLe bassin hydrographique du Jourdain abrite des acteurs étatiques ou proto-étatique (dans le cas de l’Autorité palestinienne) en situation de rivalités de pouvoirs. Pour diverses raisons, à l’exception de celui signé entre Jordaniens et Israéliens en 1994, l’allocation d’eau dans ce bassin n’a pas encore fait l’objet d’un accord entre riverains. Dans ce bassin, les eaux de l’aquifère de la montagne de Cisjordanie comptent pour une part non-négligeable des eaux renouvelables. Cet aquifère, qui comporte trois sous- aquifères, a une importance primordiale pour les Palestiniens et pour les Israéliens, ceux-ci comptant surtout sur les nappes ouest et nord-est qui, après avoir été formées pour partie en Cisjordanie, s’écoulent vers leur territoire. Depuis 1967, nous nous trouvons dans le cas d’un partage imposé, 80% de l’eau des aquifères étant prélevés par Israël, le reste revenant aux Palestiniens. L’accord de Taba en 1995 qui comportait un volet sur l’eau n’a pas modifié cette allocation mais l’a au contraire officialisée. Cependant, cette allocation n’est pas durable dans le contexte de forts changements démographiques actuellement en cours dans les territoires palestiniens. Elle ne permettra pas d’assurer pleinement les besoins en eau potable d’au moins 5 millions d’habitants – hypothèse basse prévue en 2020- , et, en l’absence d’irrigation, l’agriculture ne pourra plus compter que sur l’eau verte, ce qui risque d’obérer un développement bien fragile. Face à ce scénario alarmant, un scénario vertueux doit être recherché afin d’assurer un soubassement essentiel à la paix entre Israéliens et Palestiniens. Cette communication aura plusieurs objectifs : - Décrire le système hydrographique en question. - Décrire les causes du déséquilibre dans les allocations en eau aujourd’hui, en particulier en soulignant comment l’accord de Taba n’a pas permis de modifier le statu quo. - Envisager les solutions d’avenir permettant aux Palestiniens d’ accéder à un usage de l’eau plus conséquent sans pour autant hypothéquer l’avenir de l’économie israélienne. Méthode : La méthode utilisée pour préparer cette communication est basée sur des observations de terrain (missions récentes), des entretiens avec les acteurs locaux, des collaborations universitaires et, bien sûr, une revue bibliographique. Résultats : Nous présenterons deux scénarios envisageables, l’un tendanciel, l’autre vertueux. A propos de ce dernier, il apparaît qu’une rétrocession située entre 150 et 200 millions de mètres cubes par Israël est envisageable sans pour autant que son économie en soit déstabilisée. Mais ce transfert doit notamment s’ accompagner d’une poursuite de la reconversion de l’économie agricole israélienne qui représente moins de 2,5% du PIB et emploie moins de 3% des actifs du pays. Toutefois, il ne s’agit pas de supprimer ce secteur jusqu’à l’ heure assez fortement dispendieux en eau (60 à 65% des usages). En outre, les technologies d’irrigation israéliennes pourraient profiter d’un débouché palestinien alors en expansion. Tous ces aspects seront développés durant la communication. Rien n’est impossible dans ce secteur de l’eau qui est montré trop souvent comme un obstacle rédhibitoire au processus de paix. Si la volonté d’accélérer celui-ci se manifeste, ce volet pourrait non seulement être réglé, mais il pourrait concourir à asseoir un processus qui, pour réussir, exige des solidarités de faits.
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